Les médicaments pour l’alcoolique.

22 avril 2009

médicaments et alcool

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Y a-t-il des médicaments pour lutter contre la dépendance à l’alcool  ? Deux classes de médicaments sont prescrits dans letraitement de l’alcoolisme. 

  •   Les premiers sont des calmants de la classe des benzodiazépines comme le Valium®, le Seresta® qui sont utilisés pendant le temps du sevrage physique pour diminuer ou éviter les symptômes qui peuvent se développer à l’arrêt de l’alcool tels que tremblements, sudations, palpitations, épilepsie et delirium tremens.

 

  •  La deuxième catégorie de médicaments aide à être abstinent en diminuant l’envie de boire: acamprosate (Campral®) et naltrexone (Nemexin®). Prescrits conjointement à un suivi médical, social et psychologique adapté, ces médicaments agissent de manière à diminuer l’envie de boire et constituent une protection contre la rechute.  

Trois médicaments, ayant des modes d’action différents, sont approuvés en Europe et en Amérique du Nord pour le traitement de l’alcoolisme

D’autres médicaments font l’objet d’essais cliniques et sont déjà utilisés “off-label”.  Médicaments approuvés  L’Antabuse ou Esperal (disulfiram), développé il y a 55 ans, est un agent aversif qui inhibe le métabolisme de l’alcool. Il amène des réactions très désagréables à l’ingestion d’alcool, même en petite quantité: palpitations, nausées, vomissements. Il a une efficacité limitée car l’abandon du traitement est élevé.

Il ne diminue pas l’envie ou le besoin de prendre de l’alcool. 

Le ReVia, Depade, Nalorex ou Vivitrol (naltrexone), Disponible depuis 1995, est un antagoniste de récepteurs d’opiacés du système nerveux. Il bloque l’effet euphorique de l’alcool. Cette médication débute après quelques jours d’abstinence. Une réduction du goût de prendre de l’alcool et des rechutes est rapportée lorsqu’il est utilisé pendant 3 à 6 mois. Puisqu’il bloque les récepteurs d’opiacés du système nerveux il peut amener des symptômes de sevrage sévères. Ce médicament est plus efficace lorsqu’utilisé de pair avec un counseling sur les techniques de prévention de la rechute.

 Le Campral ou Aotal (acamprosate) a été approuvé en 2004 pour la maintenance de l’abstinence chez des personnes déjà abstinentes. Son mécanisme d’action n’est pas complètement compris. On croit qu’il interagit surtout avec le système du glutamate et restaure ainsi l’équilibre entre excitation et inhibition neuronales qui a été perturbé par l’alcool, réduisant ainsi le goût de boire et la rechute. Il ne prévient pas les symptômes de sevrage

D’autres médicaments font l’objet d’essais cliniques et sont déjà utilisés “off-label”. Autres médicaments à l’essai La varenicline (Champix), médicament anti-tabac, serait aussi anti-alcool .L’anticonvulsivant Topamax aide à réduire la consommation (source psychomédia)

Et enfin le Baclofène …  L’information que ce médicament pourrait favoriser l’abstinence provient du livre du Dr Olivier Ameisen : « Le dernier verre ». Il a lui-même expérimenté ce médicament et déclare être sorti de la dépendance alcoolique grâce au Baclofène. http://www.lepoint.fr/actualites-societe  Le baclofène deviendra-t-il un traitement de la dépendance alcoolique chez le cirrhotique ?  Une équipe romaine s’est intéressée spécifiquement àcette population de malades alcooliques à très haut risque. Sur la base de résultats préliminaires prometteurs, Giovanni Addolorato et coll. ont testé l’intérêt du baclofène dans le sevrage alcoolique chez le cirrhotique.

 Le Vidal de la famille (dictionnaire des médicaments) nous donne la notice suivante pour ce médicament :  «Ce médicament est un générique de LIORESAL (…) myorelaxant qui exerce une action décontractante sur les muscles. Il est utilisé dans le traitement des contractures douloureuses qui accompagnent la sclérose en plaques et certaines paralysies »

 Augmentation significative du taux d’abstinence Quatre vingt-quatre patients volontaires souffrantd’une cirrhose alcoolique ont été inclus dans l’essai. Tous avaient une cirrhose hépatique et souffraient d’une dépendance alcoolique (critères du DSM-IV). 

Leur consommation hebdomadaire était supérieure à 21 verres (de 12 g d’alcool pur) pour les hommes et à 14 verres pour les femmes avec au moins deux jours par semaine d’alcoolisation importante (plus de 5 verres par 24 heures).

Les patients ont été randomisés en double aveugle= 1 groupe « traitement par baclofène à doses croissantes (de 5 mg 3 fois par jour à 10 mg 3 fois par jour) et  1groupe placebo. Les deux traitements ont été administrés durant 12 semaines.                                                                   

Au cours des consultations de contrôle, la consommation d’alcool était évaluée par auto-questionnaire validé par l’interrogatoire d’un membre de la famille et par la mesure de l’alcoolémie et de l’alcool urinaire.

                                       La rechute alcoolique était définie comme une consommation moyenne de plus de 4 verres par jour ou de plus de 14 verres par semaine sur une périiode de 4 semaines.. 

30 patients sur 42 dans le groupe baclofène (71 %) contre 12 sur 42 (29 %) dans le groupe placebo sont parvenus à une abstinence prolongée durant tout l’essai (p=0,0001).

   La durée moyenne de la période d’abstinence est passée de 30,8 jours sous placebo à 62,8 jours sous baclofène .

 Cet effet favorable du baclofène sur la consommation alcoolique semble lié à une diminution de la dépendance telle qu’elle est évaluée par des échelles comme l’OCDS (Obsessive Compulsive Drinking Scale). La tolérance clinique et biologique du traitement a été satisfaisante sans effets secondaires attribuables au traitement. De plus dans le groupe baclofène différentsparamètres du bilan hépatique ont évolué plus favorablement que sous placebo, ce qui confirme la baisse de la consommation d’alcool et la bonne tolérance hépatique du baclofène dans cette étude.                                                                                  Dansl’attente d’uneconfirmation…                                             

Avant de faire du baclofène un traitement de la dépendance alcoolique chez le cirrhotique il convient cependant d’attendre les résultats de nouvelles études de plus grande ampleur et de plus longue durée.    En terme d’efficacité,il faut souligner que les sujets ayant abandonné les traitements ont été comptabilisés dans ce travail comme des échecs.

 Or un plus grand nombre de patients ont quité l’étude dans le groupe placebo ((31 %)) que dans le groupe baclofène (14 %)) e qui a pu fausser l’évaluation du critère principal de jugement..    

D’autre part, il est essentiel que la tolérance du baclofène, dont on connaît les risques d’interférence médicamenteuse, sur le plan neurologique comme sur le plan hépatique soit évaluée sur un plus grand nombre de patients et sur une plus longue durée pour pouvoir conclure de façon fiable à son innocuité dans ce contexte.»

 Dr Céline Dupin (Extraits) Addolorato G et coll. : Effectiveness and safety of baclofen for maintenance of alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis : randomised,double -blind controlled study. Lancet 2007 ; 370 : 1915-22. 

Deux interprétations : 

  •  L’INSERM 

Cette étude présente cependant quelques limitations qui font qu’on ne peut encore déterminer quelle sera la place du baclofène en pratique clinique quotidienne. Il s’agissait tout d’abord d’une étude monocentrique provenant de l’équipe ayant déjà mené la plupart des travaux concernant le baclofène en traitement de l’alcoolo-dépendance. Ensuite, le délai de 3 mois retenu dans cette étude est très court au regard de l’histoire naturelle de la cirrhose alcoolique. 

Enfin, le taux d’abstinence dans le groupe placebo apparaît particulièrement bas (seulement 30% à 3 mois).  Une nouvelle étude, multicentrique et avec un délai de suivi d’au mois 1 an, serait donc particulièrement bienvenue. http://infodoc.inserm.fr 

  • L’INPES 

Pour les auteurs, ces résultats sont intéressants à double titre : – ils soulignent l’intérêt du baclofène pour initier et maintenir l’abstinence vis-à-vis de l’alcool ; 

– ils suggèrent que la baisse de la consommation d’alcool est suffisante pour réduire les dommages hépatiques. Ce document peut inspirer plusieurs réflexions. 

ADDICT:

Comment peut-on définir une rechute alcoolique ? Avec « une consommation moyenne de plus de 4 verres par jour ou de plus de 14 verres par semaine sur une période de 4 semaines » ?

Pour des cirrhotiques ? Alors que l’on considère généralement qu’il y a rechute au premier verre absorbé et que les seuils européens de dangerosité de l’alcool en matière de cancer sont situés à 2 verres pour les hommes et 1 pour les femmes.

  La question principale qui occupe les esprits des malades alcooliques, à savoir « ce médicament va t-il pouvoir me permettre de consommer librement de l’alcool » n’est pas clairement abordée.

   N’oublions pas que l’alcoolisme est décrit comme une maladie Bio-Psycho-SocialeAlors, quid de la dépendance psychologique et comportementale au produit ? 

Ne simplifions pas à l’excès une problématiqueassurément complexe. Un médicament pourrait-il à lui seul résoudre tous nos problèmes avec l’alcool y compris celui de notre relation avec le produit ???? 

Baclofène suite …

le questionnement à l’assemblée nationale.

Sources : Inserm, The Lancet 2007 Dec 8;370(9603):1915-22., Assemblée nationale http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-36834QE.htm
13ème législature

Question N° : 36834  de  Mme   Poletti Bérengère ( Union pour un Mouvement Populaire – Ardennes ) QE
Ministère interrogé :  Santé, jeunesse, sports et vie associative
Ministère attributaire :  Santé et sports
Question publiée au JO le :  02/12/2008  page : 
10366
Réponse publiée au JO le :  12/05/2009  page : 
4688
Date de changement d’attribution :  12/01/2009
Rubrique :  santé
Tête d’analyse :  alcoolisme
Analyse :  lutte et prévention
Texte de la QUESTION : Mme Bérengère Poletti attire l’attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur l’emploi du baclofène dans le traitement contre l’alcoolisme. En effet, ce myorelaxant destiné à traiter les spasmes musculaires aurait aidé plusieurs personnes se soigner. Des essais cliniques seraient nécessaires afin de déterminer l’efficacité de ce médicament dans la lutte contre l’alcoolisme. Aussi souhaite-t-elle connaître l’avis du Gouvernement sur cette question.
Texte de la REPONSE : Le baclofène est un myorelaxant d’action centrale, agoniste de l’acide gamma-aminobutyrique (GABA) agissant sur les récepteurs GABAB, et principe actif de la spécialité Lioresal (Laboratoires NOVARTIS). Ce médicament bénéficie depuis 1975 d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France dans le traitement des contractures spastiques accompagnant certaines affections neurologiques (sclérose en plaques, affections médullaires et d’origine vasculaire). Il existe également des génériques de cette spécialité. Chez l’adulte, la posologie du baclofène est progressive et adaptée individuellement en fonction de l’efficacité et de la tolérance du traitement, et se situe généralement entre 30 et 75 mg par jour. Des posologies supérieures à 75 mg et jusqu’à 120 mg par jour peuvent être administrées mais uniquement en milieu hospitalier. À ces doses, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont une sédation et une somnolence survenant en début de traitement. Le baclofène peut également induire aux doses usuelles des troubles digestifs (nausées, vomissements, constipation), des troubles cardio-vasculaires (diminution de la tension artérielle, ralentissement du rythme cardiaque), des troubles cutanés (éruption cutanée, sueurs), urinaires, et au-delà de 120 mg par jour des troubles de la conscience, confusion mentale et dépression respiratoire. L’AFSSAPS procède actuellement au recensement et à l’analyse de l’ensemble des données scientifiques (expérimentales, pharmacologiques et cliniques) disponibles sur ce produit afin d’évaluer la pertinence d’éventuelles études cliniques sur l’efficacité du baclofène dans le sevrage alcoolique. À ce jour, les données expérimentales chez l’animal disponibles ainsi que les résultats d’une étude italienne chez des patients alcooliques atteints de cirrhose semblent suggérer que le baclofène diminue l’appétence pour l’alcool et aide au maintien de l’abstinence. Des essais cliniques testant l’efficacité du baclofène dans le sevrage alcoolique ont d’ailleurs été réalisés ou sont en cours notamment aux États-Unis. En France, un projet hospitalier de recherche clinique a été déposé. ll s’agit d’un essai clinique comparatif randomisé visant à évaluer l’efficacité du baclofène dosé à 90 mg par jour dans l’aide au maintien de l’abstinence après sevrage hospitalier chez des patients alcoolo-dépendants. Pour mieux appréhender le profil de risques du baclofène, l’AFSSAPS a saisi le réseau des centres anti-poison et de toxicovigilance afin de disposer d’une analyse des données des cas de surdosage recensés, et de pouvoir préciser la dose seuil à partir de laquelle des signes cliniques d’intoxication pourraient se manifester. En effet, l’utilisation du baclofène préconisée par le docteur Olivier Ameisen dans son livre Le Dernier Verre fait état de l’efficacité du baclofène dans le maintien du sevrage alcoolique lorsqu’il est utilisé à fortes doses (jusqu’à 270 mg par jour), ce qui est très supérieur aux doses habituellement utilisées en neurologie. À ce stade, l’ensemble des éléments de ce dossier sera examiné par un groupe d’experts qui, à la lumière des données, se prononcera sur l’intérêt de réaliser et de promouvoir des études portant sur le baclofène dans la prise en charge des patients alcoolo-dépendants. Le groupe évaluera le protocole déposé afin que l’étude permette de vérifier l’hypothèse d’une efficacité du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance (nombre de patients, durée de l’étude, critères de suivi, etc.), et ce compte tenu des résultats obtenus chez l’animal et lors des études préliminaires chez l’homme. En l’état actuel des connaissances et dans l’attente des conclusions de l’évaluation en cours, l’AFSSAPS incite à l’extrême prudence et met en garde les médecins contre toute prescription de baclofène en dehors des indications mentionnées dans l’AMM, notamment dans le traitement de l’alcoolo-dépendance. Celui-ci demeure en effet un traitement complexe, s’agissant d’une addiction souvent multifactorielle.

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Une réponse à “Les médicaments pour l’alcoolique.”

  1. djej Dit :

    le baclofene ouai mais je suis passer par toute les etape de 30mg a 120mg par jour et rien pas de changement je ne dit pas qu un medicament doit faire tous le travail mais qu il pe vous y aider pour ma part entre le baclophen et l esperal en passant par les antidepresseur parce qu au lieu de trziter l alcoolisme beaucoup traite la depression c est tellement facile et j en passe mm en faisant une cure les deux ne mon pas empecher de tenter de mettre fin a mes jour a deux reprise alors qu est ce qu on va me repondre « fallait pas commencer a boire .t as qu a arreter de boire personne n est a votre place et ne reagi pareil un traitement qui convient a b ne convient pas forcement a c alors comment doit t on faire ??????
    si qq peut me dire alors je suis pret a tous entendre jerome

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