« Dosis sola facit venenum »

Les ravages de l’alcool sur le cerveau
26 juin, 2009, 9:51
Classé dans : Biologie

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Les ravages de l’alcool sur le cerveau

Une étude publiée mardi par l’Inserm, le CEA et les hôpitaux parisiens de l’AP-HP,

dont les résultats sont détaillés dans la revue Neuropsychopharmacology, a mis en

évidence les dangers de l’alcool sur le cerveau.

Des chercheurs de l’Inserm (1), du CEA (2), et de l’AP-HP (3) viennent de montrer, in vivo, que l’alcool chez des personnes dépendantes altère de manière localisée la matière grise (cellules nerveuses) et, de manière diffuse, la matière blanche (l’ensemble des connections entre les régions du cerveau).

 

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Les chercheurs mettent notamment en évidence que la consommation d’alcool à un âge précoce entraîne une diminution de la matière grise dans plusieurs zones cérébrales. 

Ce résultat, issu d’une expérience réalisée sur une trentaine de personnes, conforte

des données obtenues à ce jour par des études post-mortem.

L’étude (4), réalisée de 2003 à 2006, sur 31 hommes, âgés de 30 à 50 ans, dépendants

à l’alcool, – consommant en moyenne l’équivalent de 2 litres de vin par jour -, et

socialement bien insérés (5), a permis aux chercheurs du CEA, de l’Inserm et de APHP

de confirmer des résultats obtenus jusqu’alors de manière éparse. En effet, par

l’intermédiaire de l’imagerie médicale, ces chercheurs ont remarqué que les sujets

alcoolodépendants manifestent des modifications anatomiques du cerveau.

Plus précisément, ils ont constaté une diminution de la matière grise dans plusieurs

régions cérébrales allant jusqu’à 20% dans les régions frontales. De plus, ces

chercheurs ont montré que la matière blanche était altérée chez ces sujets dans son

ensemble, avec une diminution majeure de 10% dans le corps calleux (région reliant les hémisphères entre eux).

Par ailleurs, cette étude a permis de révéler que l’âge du premier contact avec l’alcool était déterminant : plus l’alcool est consommé à un âge précoce, moins la matière grise est présente dans certaines régions cérébrales connues pour ne finir leur maturation qu’en fin d’adolescence. 

La prise d’alcool à l’adolescence a donc un impact décisif sur le développement de ces

régions. Ces résultats soulignent l’intérêt de la prévention et des recherches chez les

jeunes à risque de toxicomanies en général.

Les chercheurs se sont également intéressés aux déficits cognitifs chez ces sujets.

Sous-tendues par les régions frontales du cerveau, les fonctions cognitives type

planification de tâche et résolution de problèmes sont altérées chez ces sujets. Ces

travaux montrent aussi que les altérations cognitives étaient fortement reliées à des

modifications de forme (morphométriques) de régions profondes du cerveau. Les

recherches continuent sur l’exploration fine des modifications de l’ultrastructure du

cerveau (IRM de diffusion) ainsi que sur leur impact sur le fonctionnement cognitif des

sujets alcoolodépendants.

Références :

1. Unité Inserm-CEA 797, recherche en neuro-imagerie et psychiatrie

2. Service hospitalier Frédéric Joliot Curie (SHFJ) à Orsay

3. Hôpitaux Paul Brousse à Villejuif et Emile Roux à Limeil-Brevannes

4. L’étude a été soutenue par la MILDT (mission interministérielle de lutte contre le

développement des toxicomanies), l’Inserm et le CEA.